La spasmophilie n'est pas une maladie mais un ensemble de symptômes liés à un comportement. C'est donc une hyperventilation, cette même hyperventilation étant provoquée par une tension nerveuse (stress) non contenue. On parle aussi de crise de tétanie bien que médicalement la vraie tétanie soit extrêment rare et n'aie rien a voir avec la spasmophilie.
Spasmophilie
Rappelons que ces symptômes sont non spécifiques et peuvent correspondre à de nombreuses pathologies ou à des symptômes banals de la vie quotidiennes.
Avant de commencer, un petit rappel physiologique s'impose.
La fonction respiratoire a pour principale fonction l'apport de dioxygène à l'organisme, ainsi que l'évacuation du dioxyde de carbone. Ce dioxyde de carbone est produit par le métabolisme énergétique qui permet à l'organisme d'obtenir de l'énergie en dégradant du glucose avec du dioxygène, avec production d'énergie (sous forme d'Adénosine triphosphate ATP) et de dioxyde de carbone.
META Equation chimique
Le pH du >sang est de 7,40 +/- 0,04. À partir de pH>7,45, on parlera d'alcalose. Le corps, parmi les dispositifs d'homéostasie, régulera une éventuelle charge acide par l'utilisation de l'équation chimique suivante:
Il s'agit de l'un des tampons acide/bases, on citera le tampon phosphate inorganique
Lors d'un stress insuffisement géré, un individu est susceptible de voir sa fréquence respiratoire augmenter. Ceci correspond en fait à une préparation a la fuite provoquée par la libération d'adrénaline lors d'un danger. En effet l'hyperventilation permet de lutter contre le manque d'oxygène et la production musculaire d'acide lactique, lors de l'exercice physique intense. Lors de l'hyperventilation, il se produit un gain net de dioxygène,que l'organisme tolèrera parfaitement. Par contre, la perte nette de dioxyde de carbone provoquera une baisse de la pression partielle de dioxyde de carbone plasmatique. Le dioxyde de carbone constituant une des voies d'évacuation des charges acides (par le système tampon CO2/HCO3-), une perte d'acidité provoque un gain de base, c'est l'alcalose, ici d'origine respiratoire.
A noter que le CO2 est plus rapidement mobilisable à travers la barrière hémato-encéphalique que les ions HCO3- et H+. De ce fait, les conséquences cliniques se portent plus rapidement et préférentiellement sur un champ clinique neurologique.
Si se produit une alcalose, la concentration en ion H+ (notée [H+]) baisse, donc la concentration plasmatique en ion potassium(notée [K+]) monte. Un certain temps cependant est nécessaire pour que la kaliémie se modifie, c'est sans doute pourquoi la symptomatologie cardiaque à type de palpitations semble retardée.
Les équilibres acidobasiques de l'organisme veillent à maintenir un pH aussi contenu que possible entre 7,36 et 7,44. L'une des raisons à ce maintient tient au fait que les molécules organiques du vivant, notamment les très nombreuses enzymes, jouissent pour leur fonctionnement d'une conformation stérique liée au pH. Si le pH varie hors de limites, les conformations stériques varient aussi, donc l'efficacité enzymatique diminue globalement, provoquant le cortège des signes cités.
Il est généralement observé une très nette amélioration après quelques minutes de ventilation sans perte de CO2hypercapnie. Il est proposé de respirer dans un sac afin que le patient réinhale l'air expiré, de façon à limiter la perte de CO2, le temps que les reins rétablissent la situation.
Cependant, le principal écueil est le diagnostic : l'hyperventilation ou les tremblements peuvent être dus à un autre phénomène, dans ce cas-là, la diminution d'apport en dioxygène en raison du sac peut être délétère. On ne pratiquera donc ce geste que sur recommandation d'un médecin, ou si la personne le demande elle-même. En situation thérapeutique, la mesure de la saturation en O2, à l'aide d'un saturomètre, permet de trancher pour savoir si le patient manque ou pas d'oxygène. Si le patient manque d'oxygène (saturation basse), l'oxygénothérapie est bienvenue. Dans tous les cas, en cas de première crise, il convient de demander un avis médical.